L'estime de soi

Publié le par Carole M

Bien sur que l'on se demande toute pourquoi l'on arrive à se détruire ainsi en prenant du poids. Je ne parle pas bien sur de ces quelques kilos supplémentaires qui peuvent nous pourrir la vie mais bien de ces prises de poids qui font que l'on est classé "obèse" ou "obèse mordide".

Ces kilos, qui quoique l'on en pense, nous pourrissent bien la vie au point où celle-ci prend peut-être un tournant différent.

Qu'aurait été ma vie si je n'avais pas pesé un jour 190 kilos ?

Je n'aurai jamais la réponse donc j'en ai cherché d'autres.

Pourquoi ai je pesé ce poids là ? Pourquoi ai je eu besoin de grossir autant et m'infliger cela ?

J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, la réponse se résume à ces mots là : "estime de soi".

Je sais bien cela depuis longtemps mais il est difficile de le reconnaitre vraiment et c'est sans doute un exercice de ma psy qui m'a fait me dire qu'il n'y avait plus de doute.

Je m'explique.

  

Depuis l'âge de 8 ans l'on m'explique que je suis en surpoids et que je dois faire quelque chose pour être une petite fille normale et ne plus grossir.

A cet âge là, la seule chose qui importe ce ne sont pas les problèmes de santé qui pourraient découler de ces kilos superflux (pourtant l'on m'en parlait sans cesse) qui génait l'enfant que j'étais mais bien l'image que j'avais de moi.

J'étais ronde il est vrai. Moins fine que mes copines, mais plus grande aussi.

J'ai donc grandi avec ce sentiment de différence et bien sur aussi de mauvaise fille car je n'avais pas la volonté suffisante pour ne pas arriver à ne plus manger ces choses qui me faisaient grossir.

Sans le savoir la "petite graine" de la mésestime était déjà plantée et je pense qu'elle a bien prospéré au fil des années, nourrie par mes petites peurs, mon manque de confiance (bien caché),

 

Mais alors c'était quoi cet exercice que je devais faire dans le cadre de ma psychothérapie ?

Comme je l'ai déjà dit ici, j'ai repris du poids au moment où Dominique m'a annoncé qu'il ne voulait plus de moi.

A ce moment là de ma vie j'étais forte et confiante en ce qui concerne mon apparence physique et j'étais persuadée qu'aucun homme ne pouvait me résister après autant de kilos perdus. Quand il m'a sigifié le contraire mon univers et mes grandes théories ont fondu en éclats et ce fut le retour de ces quelques kilos que je combas depuis.

J'ai donc bien sur commencé par expliquer cela à la psy qui n'a pas manqué de me demander d'écrire sur mes rencontres amoureuses.

J'ai donc commencé à le faire et là j'avoue que je me suis faite peur d'écrire certaines choses en toute franchise sur mon papier. D'où l'expression "norcir sa page blanche".

Je n'ai pu faire autrement que de constater que le manque d'estime de moi m'avait poussé à accepter pendant de très nombreuses années des choses de la part des hommes que je ne pourrai plus accepter maintenant.

Rien de très graves bien sur au regard de ce que peuvent vivre d'autres femmes mais tout de même j'ai cautionné que l'on ne me traite pas toujours bien et pas toujours avec respect.

Pourquoi me diriez vous ? Et bien tout simplement car j'avais besoin d'être aimé et que je ne me croyais pas digne d'obtenir mieux que ce que l'on était entrain de me donner tout simplement car j'étais grosse.

Cet exercice avec la psy m'a permis de voir que j'ai fonctionné longtemps ainsi avec les hommes et que même si je ne pense plus être en mesure d'accepter ces comportements je n'ai pas solutionné l'essentiel vis à vis d'eux et que le moindre dérapage d'un homme vis à vis de moi, le moindre rejet, la moindre parole négative va avoir des conséquences sur mon poids.

Il faut que je me guerisse de cela pour être sure que la prochaine fois que je me mets en mode séduction je ne m'expose pas au grand retour de quelques kilos sournois si tout ne se passe pas comme prévu.

C'est dur de s'avouer ceci et cela rend ma vie amoureuse un peu moins glamour par moment mais il faut bien que je regarde droit dans les yeux les petits démons qui poussaient ma bouche à s'ouvrir plus que de raison pour guérir ces petites blessures de l'âme, du coeur, de mes croyances infondées.

 

J'avais 13 ans quand j'ai connu le premier garçon qui me draguait dans la cour de récréation. Il s'appelait Thierry B. Il était mignon tout plein, convoité par la plupart des filles et lui n'avait d'yeux que pour moi.
Je me souviens que je pensais déjà que c'était étrange que je lui plaise. Comment cela il pouvait être vrai et sincère de sa part alors que je n'étais qu'une fille en surpoids donc incapable de plaire à un garçon aussi bien. Je me demandais sans cesse à quel moment il allait me dire qu'il s'était bien moqué de moi, que tout ceci n'était qu'un pari ou un truc du genre. Qu'il devait bien rigoler avec ses copains en me quittant.

Je vivais une sorte d'enfer permanent quand j'étais avec lui mais je n'osais pas lui en parler car c'était bien trop beau qu'un truc aussi bien puisse m'arriver à moi.

 

J'ai fonctionné encore de nombreuses années ainsi avec les garçons, acceptant à certains moments des mots blessants, de n'être que "le second choix", de marcher pendant des heures sur une route pour rejoindre mon amoureux car il refusait de venir me chercher en mobylette, de servir de morceaux de viande pour son plaisir au détriment du mien, de cautionner par mon silence certaines humiliations.

Alors bien sur ça n'a pas toujours été ainsi mais pourtant ces moments sont marqués en moi comme une cicatrice que je dois m'efforcer de regarder sans pour autaut qu'elle me fasse souffrir. Mais elle est bien là, peut être invisible aux yeux des autres mais bien présente aux miens.

Retrouver l'estime de moi, tatalement. Pas juste un petit bout mais bien être sure que je le vaux bien aussi et que je suis une personne entière pas seulement la grosse qui doit se contenter de ce que l'on veut bien lui donner car elle ne peut pas prétendre à mieux .

Ces souffrances là je n'en veux plus. Je ne les laisse à personne. Elles ne devraient exister pour personne.

L'on est toutes dignes de l'excellence, de la crème des crèmes et nos kilos de trop ne doivent pas nous laiser croire et penser le contraire.

Ce qui est fou c'est que même si dans ma vie d'adulte j'ai vécu de belles histoires, je crois que ces moments moches sont quand même venus les viciers à mon insu car en moi il y avait toujours cette petite voix intérieure qui me disait que ce n'était pas possible qu'une aussi belle histoire soit pour moi. 

Cela me faisait guetter le moment de la rupture car inévitablement il ne pourrait que partir.

Je le répète encore, QUE DE SOUFFRANCES installées sur ces kilos qui selon les autres nous rendent différentes.

Ma différence sur une autre petite fille ou  une autre jeune femme c'est d'avoir cru que c'était vrai et de m'être sous-estimé à cause de ça.

Ne plus vouloir être grosse n'est ce pas le meilleur moyen de me prouver que je fais connaissance avec cette Carole qui dorénavant s'aimera complètement ?

Je pense que oui sinon pourquoi m'acharner à tout prix à perdre ces kilos ?



Pas facile ce billet, mais comme toujours écrire ici c'est oser me montrer, non pas à vous lectrices d'un jour, mais bien à moi-même, lectrice de ma vie pour toujours.

Sourire

Carole M





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crocroy 01/02/2016 23:13

Je suis arrivée ici au cours de mes deambulations sur le net. Je voulais juste te remercier Carole. Tes mots et ton histoire me touchent. La mienne est différente mais semblable à la fois. Je ne sais si tu liras ce message car le blog est semble t-il un peu à l'abandon...

louanchi 20/11/2013 14:47






HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE

lien vers http://www.dailymotion.com/vid [...] e-vie_news
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des
arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A
l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques
minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul
aujourd'hui se décide à parler.
35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte.
Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.
Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma
vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au
téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)
Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

jeune femme slave 23/07/2013 12:09


c'est très courageux d'ecrire cela ! bravo !

nathalie 31/10/2011 23:20



bonjour , on ne se connait pas , mais j'adore votre façon de vous exprimer , d'écrire votre ressenti ! à travers vos mots, nous devinons quelle femme passionnante vous devez être ! je vous
souhaite beaucoup de bonne chose pour la suite , le simple fait de vous avoir lu m'apporte beaucoup ! avez vous pensez à écrire un livre ? à moins que cela soit déjà fait ?



Maria 08/06/2011 22:22



Bonsoir


le hasard n'existant pas, quelque chose m'a mené vers ton blog. Je n'ai lu que deux ou trois articles mais j'aime le ton que tu emploies. Félicitations. Et apparemment nous partageons le même
monde, celui de la reconquête de l'amour de soi, pas facile, facile. Comme j'aimerais pouvoir faire ce que propose le commentaire juste au dessus du mien.Simplement vivre et être heureuse,
simplement être au naturel, comme l'enfant originel. Mais tant que je n'aurai pas trouvé la clef qui m'empêche de m'ouvrir je ne saurais bien vivre, c'est sans aucun doute pour cela que tes mots
m'ont parlé.


Bonne soirée



Carole M 14/06/2011 23:27



Rien n'est jamais facile à réparer, il reste les félures mais l'important est de quand même toujours avancer pour ne pas se renier, se perdre, s'oublier.


Je te souhaite de prendre le chemin que tu cherches ti aussi.
Carole