Etre gros, ça se voit !

Publié le par Carole M

Hier dans la journée j'ai discuté avec ma cop's de Marseille (elle se reconnaitra) sur l'obésité, la mienne, celle d'autres personnes de notre entourage et très vite elle a mis en avant quelque chose d'interressant et je comprends fort bien où elle voulait en arriver.

Le débat portait sur le fait que chaque être vivant (ou presque) traîne en lui ce qu'elle a nommé une "tare".
"Tare" ayant voulu être utilisé dans le sens ou chacun d'entre nous avions des casseroles à porter que ça se traduise pas la consommation de cigarettes, d'alcool, de nourriture, par des Tocs et j'en passe.

Pourtant l'obésité est sans nul doute la chose dont nous voulons nous débarrasser par dessus tout et la question de la cop's était de se dire "ne tenons nous pas à nous débarasser des kilos parce que c'est quelque chose qui se voit ?".

 

Point de vue assez interressant je dois le reconnaitre. Bon nombre d'entre nous portons des kilos qui sont supportables dans le sens où ils ne génèrent pas de maladie avérées, qu'ils ne sont pas forcément handicapants dans notre quotidien, mais pourtant nous voulons à tout prix les perdre alors que ça génère un travail énorme d'y parvenir.

Mais alors pourquoi ?
Je me souviens encore de mes années d'obèse massive et il est vrai qu'à cette époque là je tenais à maigrir mais essentiellement pour les autres et à cause des autres.
Ma mère d'abord qui culpabilisait beaucoup de n'avoir pas su "bien" me nourrir, pour certaines se sont pour leurs enfants, je l'ai fait aussi pour mes amoureux de passage, pour l'inconnu qui se moquait de moi, mais hormis depuis quelques années, je ne l'avais jamais fait pour moi.
Je repose la question, mais alors pourquoi ? Et bien oui peut-être car ça se voit et qu'à la longue c'est difficile de se montrer ainsi, de ne pas faire partie de la norme.

Si j'avais pu être compulsive sans prendre de kilos, aurai je cherché avec force à perdre autant de poids. Pourtant la maladie n'aurait pas disparu, elle aurait été tout simplement invisible et donc sans doute mieux supportable.
N'est ce pas pour cela que certaines se font vomir quand on y pense ? Pour pouvoir continuer à manger sans que cela se voit ? 

C'est une réflexion assez terrifiante quand j'y pense.

 

Au fil des années j'avais su dépasser cette envie de maigrir pour les autres bien que ça se voyait de plus en plus. J'avais apprivoisé mon corps et les autres n'étaient plus un problème, plus une raison pour que je décide de maigrir enfin.

La seule raison valable pour perdre du poids c'est qu'à un moment ce n'est plus possible pour avancer, pour se supporter soi-même.

Je suis arrivée à ce stade quand je n'arrivais plus à avancer. Jusqu'à 160 kilos tout allait bien. J'avais réussi à mettre en place des stratagèmes qui m'évitaient de me sentir trop handicapée par mes kilos, je gérais mon travail au mieux, je sortais, j'étais globalement dans la norme malgré ces kilos envahissants.
Passé la barre des 160 kilos c'est devenu plus compliqué pour moi et j'ai bien du me rendre compte que mon corps se fatiguait plus, qu'il criait stop à chaque fois que je faisais le mouvent de trop.
Je faisais de plus en plus souvent venir le médecin sur mon lieu de travail afin qu'il me fasse des piqures anti-inflammatoire pour tenir ma journée de boulot, je transpirais beaucoup plus, j'avais de la difficulté à me lever le matin, et j'en passe.
Là j'ai su que ça ne pouvait plus durer ainsi. Que je n'étais pas encore assez vieille pour vivre comme ça et j'ai du dire stop.

La pression de la société, le regard, le "ça se voit et je dois maigrir", ma mère, mon frère, mes amis, l'inconnu, n'ont pas eu leurs mots dans cette décision. Je ne l'ai pas décidé pour être dans la norme mais bien car MOI, Carole ne pouvait plus vivre ainsi.

C'est sans doute pour cela aussi que je suis enfin arrivée à me débarasser de mes compulsions à les éloigner de ma vie.

 

Mais alors pourquoi avec mon poids actuel ne suis je pas satisfaite ? J'ai rpesque l'impression de pouvoir voler maintenant avec ce poids là (même si j'ai repris du poids) mais pourtant je veux à nouveau retrouver mon poids de l'année dernière.
Mais alors une fois de plus pourquoi puisque maintenant mon corps ne crie plus autant que par le passé ?

Et bien tout simplement car j'ai touché du doigt la différence et que cette différence est la seule raison qui fait qu'aujourd'hui je ne veux plus être en surpoids.

J'ai eu la chance de monter avec mes prores jambes au sommet d'une montagne et je veux remonter là haut. Je veux à nouveau ressentir cette joie, ce bonheur à grimper sur un gros cailloux et à en être fière.
Je ne dis pas que je ne pourrai pas le faire aujourd'hui mais je sais que mon corps souffrirait à cause de ces kilos que j'ai repris et ça pour moi c'est inacceptable.
Je veux être libre et la liberté n'est pas dans le regard que la société porte sur moi, mais bien sur celui que j'ai de moi avec moi. Je veux avoir le choix de faire ce qu'il me plait avec mon corps et les kilos quelques fois me paralysent. Il est tant que je m'envole pleinement et non pas que je me contente d'avancer mieux.

 

Voilà ma raison de vouloir perdre du poids. Interrogez vous sur la votre et demandez vous qu'est ce qui vous pousse à vous imposer tant de réflexions, tant de privations, tant de changements ?

Peut-être que le jour où nous aurons toutes la certitude d'avoir la bonne raison pour maigrir nous y parviendrons. Je ne dis pas que tout sera réglé bien sur mais les chances de réussite seront peut-être plus importantes.

Un jour un ami m'avait dit "je ne comprends pas pourquoi tu réussis tout ce que tu entreprends et maigrir tu n'y arrives pas".
Le voulais je vraiment ? aurai je du lui répondre.

Vous allez aussi me dire "mais moi je le veux vraiment".
Je m'attends à lire cela aussi mais même si quelque fois l'on est sincère dans ce ressenti il y a autre chose qui vérouille cet amaigrissement. Cette chose là c'est sans aucun doute la raison pour laquelle l'on grossit et cette raison là, puisque souvent pas réglée nous empêche de lacher prise et de lacher nos kilos. Je pense avoir réglé la raison pour laquelle j'ai grossi ou du moins l'avoir identifiée et ne plus en avoir peur.

 

Pour exemple j'ai une autre amie qui lutte depuis des années pour maigrir. Cette amie met sur le compte des kilos le fait qu'elle est seule dans sa vie, sans homme à ses côtés pour l'aimer. Ce n'est pas à cause de ses kilos qu'elle est dans cette situation mais à cause de sa peur d'abandon de l'autre. Pensez vous qu'elle pourra maigrir tant que cette peur sera présente ? Non bien sur car ses kilos sont son alibi pour expliquer sa solitude. Alors elle cherche par tous les moyens à maigrir mais pour y parvenir il faut d'abord qu'elle règle cette autre problématique bien en amont.

Diantre que tout ceci est compliqué. Mais avec le temps et pas trop de découragement, nous y parviendrons.

 

Pour revenir à mon expérience Zermatienne (ça fait un peu martienne non ?) hier soir j'ai diné avec quelques coquillettes cuit en gratin, un flan et un bol de compote plus tard en soirée. Ce amtin j'avais faim et j'ai donc mangé deux tartines d epain avec du beurre et un morceau de fromage, le tout avec du thé.
J'ai deux cours d'anglais aujourd'hui. Un qui commence à 14 heures et l'autre à 17 heures. Vais je avoir faim avant les cours, pendant, après ?Quelque chose me dit que je pourrai me contenter d'un repas du soir aujourd'hui. Sourire.

A suivre. Pas fait de sport aujourd'hui et me suis pas pesée non plus. A suivre donc d'autant qu'à partir de samedi je m'absente pour plusieurs jours et que je n'aurai pas loisir non plus de sporter sur ma wii et de me peser. Je verrai comment je me comporte côté alimentation loin de chez moi. Je vous transmettrai mon rapport au retour. Sourire.

Bonne journée

Carole M

 

 

 

 

 

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brigitte 22/02/2011 17:30



Merci Carol  pour ce blog qui m'a aidee a comprendre certaines choses auquelles je n'aurais pas pense. l'image du gateau par exemple.


c'est vrai qu'on a presque tous (tes) une tare - des casseroles, mauvaises habitudes qui m'ont fait penser aussi a la tare que l'on pose sur le plateau de la balance.......


bonne continuation.



Edith (de Savoie) 07/02/2011 19:09



Je suis très admirative de la manière dont tu analyses très subtilement et lucidement tes motivations, Carole. Et pas de réaction à ton article ? Be, je le découvre à l'instant, because une
petite grippe qui m'a tenue éloignée du net... Et puis, tu donnes à réfléchir, là. Il faudrait voir à ne pas répondre n'importe quoi...



Cassiopée 04/02/2011 14:02



Tu idéalises beaucoup la période où tu arrivais à grimper au sommet de cette montagne! "Ancienne" lectrice de ton blog, je me souviens qu'à cette époque tu vivais comme un échec le fait de
ne pas avoir perdu un gramme pendant ce séjour de cure hospitalière dans les Alpes. Ton Graal c'était de perdre encore du poids pour pouvoir te faire faire une chirurgie plastique des cuisses, et
tu te sentais profondément insatisfaite de ne pas y parvenir...



Carole M 04/02/2011 15:45



je ne pense pas avoir employé le mot échec. il est vrai que partir en cure a pour but de perdre du poids mais le fait d'avoir vécu et connu la marche, je pense m'être extasiée à plusieurs
reprises sur ces moments là. Je n'idéalise pas ce moment soit en sure. Le bonheur à être une marcheuse était bien réel. Et je ne comprends pas pourquoi tu parles d'idéalisation. Tu es à côté sur
ce soup là. Sourire.
Rejoue encore, sourire.



agathe 03/02/2011 18:38



je vous remercie de partager avec nous vos reflexions qui nous font avancer nous aussi . MERCI !



Sophie 03/02/2011 11:42



Merci pour ces réflexions qui en ouvrent d'autres... Moi, c'est le soir que je ressens vraiment ce  besoin de maigrir. je me glisse sosu la couette bien chaude, je laisse enfn tomber la tête
et la pression de la journée sur l'oreiller et... et mes jambes se mettent à gonfler, à piquoter, mauvaise circulation sanguine dûe au surpoids !


Biz,


sophie